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 Un travail de routine [James]

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MessageSujet: Un travail de routine [James]   Ven 7 Sep - 19:35






James C. Potter & Demelza A. Jones
Bienvenue dans notre sujet ! Nous acceptons l'intervention de la Gazette du Sorcier pour l'intrigue. Le début de ce rp est située le 2 décembre en cette nuit. Le temps a décidé de nous offrir de la bruine/petite pluie.



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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Ven 7 Sep - 19:43


Un Travail de Routine
Londres était un égouttoir géant. L’humidité suintait de partout ; la nuit, on avait l’impression d’être dans l’estomac d’un monstre comateux. La lumière de la lune se reflétait sur les pavés froids, irréguliers. L’une de ces ruelles comme il en existait des milliers, sombre inquiétante. Le son clair de talons claquant sur les pierres ; une démarche assurée, lente cependant. Une forme élancée pénétra dans la ruelle, se déplaçant avec élégance. Une femme, de toute évidence calme. Après quelques pas, longeant les murs irréguliers, une seconde forme apparut dans l’étroit passage. Une main qui se leva dans l’air, prolongée par une baguette tordue. Le nouvel arrivant était dans le dos de la femme ; il amorça un geste pour lui jeter un sort, sans doute pas des plus amicaux. Mais sa baguette émit une lumière vive aussitôt disparue avant de s’envoler de la main de l’agresseur, qui émit un grognement. Dans les quelques secondes qui suivirent, la femme qu’il avait tenté d’attaquer se tenait face à lui, proche et menaçante. Elle appuyait férocement le bout de sa baguette contre la gorge de l’homme, impassible. Le passage d’une voiture moldue, dans la rue adjacente, éclaira la scène l’espace de quelque secondes, révélant le visage des deux personnages. Il avait le nez tordu, de petits yeux brillants ; elle avait un visage délicat et le regard d’un prédateur attendant sagement de pouvoir achever sa proie vainque.

_ Il n’est guère courtois d’inviter une demoiselle, l'apâter par des informations... pour finalement l’attaquer dans le dos.

Le murmure de cette femme, Demelza dans un de ces jours où il ne fallait pas la contredire, était froid et menaçant. Elle avait articulé chaque syllabe en observant l’homme avec mépris. A la vue de cette scène, on mettrait plutôt l’homme dans le camp des « gentils » et notre Demelza dans l’autre. Mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences.

_ Je veux l’adresse que tu m’avais promis. Il serait inutile de t’expliquer quel serait le scénario, si tu refusais.

Elle haussa un sourcil, très légèrement, dans une attitude qui semblait dire « tu n’as pas d’autres alternative, pauvre larve » ; je crois que c’était plus ou moins l’idée de ce qu’elle avait en tête, à ce moment là. L’homme avala sa salive, hésitant quelques longues secondes comme s’il évaluait la situation et ses chances de survie, dans le cas où il tenterait de s’enfuir ou de riposter. Mais sa baguette était sur le sol quelques part et son adversaire avait démontré une rapidité inquiétante ; s’y opposer serait stupide, surtout qu’elle semblait passablement agacée. Il glissa une main tremblante dans sa poche pour en sortir un petit bout de papier plié, qu’elle prit aussitôt.

_ L’adresse. Leur prochaine attaque... ce sera ce soir. Il est peut-être déjà trop tard.

Le regard vif de la sorcière passa du papier au regard fébrile de l’homme. Elle relâcha la pression de sa baguette et se recula d’un pas, réajustant le col de son long manteau. En oubliant les secondes précédentes, dans cette posture, on aurait pu croire qu’elle entretenait une discussion posée avec l’homme.

_ Prie pour que ce ne soit pas le cas, car je sais où te trouver.

Juste avant de transplaner, elle lui adressa un demi-sourire à vous glacer le sang. Une fois seule, l’homme se laissa glisser le long du mur en passant une main fébrile sur son visage, déformant ses traits. Il n’était de toute évidence qu’un sorcier comme n’importe quel autre, embarqué dans une guerre qui le dépassait. Demelza avait bien conscience qu’il ne l’avait attaqué que par peur, revenant sans doute au dernier moment sur son sursaut de courage qui l’avait poussé à vouloir partager des informations avec l’Ordre. Mais lui ficher la frousse l’encouragerait peut-être à partir, quitter ce fourbis dans lequel il n’avait pas sa place.

Lorsque Demelza arriva à l’adresse indiquée par le bout de papier, elle envoya son patronus apparaître à Dumbledore pour l’informer de la situation. Son contact lui avait donné l’adresse d’une prochaine attaque des partisans du mage noir. Il s’agissait d’une petite maison à l’écart de Londres. En observant quelques détails, Demelza en conclut qu’il s’agissait que la propriété de moldus ; ils avaient sans doute conçu un enfant sorcier. Ces derniers temps, ces attaques se multipliaient.
Statique, postée de l’autre côté de la rue, les mains fourrées dans les poches de son manteau, elle observa la maison avec méfiance. Toutes les lumières étaient éteintes. Tout était beaucoup trop silencieux... mais la marque des ténèbres n’était pas encore apparue, signe que la mission des partisans n’avait pas encore été accomplie. Peut-être étaient-ils encore à l’intérieur ? Ou bien partis précipitamment après leur besogne... Ou son contact l’avait floué avec une fausse adresse, ce qui était également fort possible. Cependant, vérifier était la moindre des choses. Si une vie ou deux pouvaient être épargnées ainsi...

Restait donc à attendre. Elle ne doutait pas que dans peu de temps, un autre membre de l’Ordre apparaîtrait non loin. Dumbledore évitait de les laisser opérer en solo, préférant des mission où ils veillaient les uns sur les autres. Ainsi donc, attentive et silencieuse, Demelza attendit. Tandis qu’une fine bruine humidifiait son manteau et alourdissait ses cheveux, elle maudit une nouvelle fois le temps merveilleux de Londres.

C’est là qu’elle perçut un mouvement dans la maison. Ce n’était rien de plus qu’une ombre fugace, passée derrière la fenêtre. Mais qui, évoluant dans sa propre maison, éviterait d’allumer la lumière ?

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Sam 8 Sep - 9:50

Une fois de plus, la journée avait été longue et éprouvante. Il n’était pas rare d’entendre Sirius railler mon tout nouveau statut de « père au foyer » - je détestais cette expression qu’il employait justement pour me faire enrager – mais il semblait ignorer toute la difficulté de la tâche. Finalement, je commençais à regretter les toutes premières semaines où je me transformais, certes, en usine à couches et à biberons mais en parvenant à trouver un peu de repos en calant mon sommeil sur celui de Harry. Désormais, celui-ci commençait à être suffisamment grand pour partir à l’aventure – comprendre : exploration baveuse sur le tapis du salon – tout en restant encore trop petit pour que ces expéditions soient sans danger pour lui. J’avais beau faire preuve d’une vigilance constante – merci Maugrey ! – il n’était pas rare que je l’empêche in extremis de s’étouffer avec une dragée surprise de chez Bertie Crochue ou une page du livre de potions de Lily. Ce jour-là n’avait donc pas fait exception, avec une difficulté supplémentaire cela dit : j’étais de permanence au QG de l’Ordre du Phénix. Là-bas, je trouvai toutefois le soutien de Remus et de Marlène qui prenait très à cœur son rôle de marraine et s’occupait à merveille de Harry lorsque Lily n’était pas là. Mon fils, quant à lui, était toujours ravi par ces visites au QG qui le plaçaient toujours au centre de l’attention – en matière d’égocentrisme, il bénéficiait probablement du patrimoine génétique de son papa. Sans doute ne comprenait-il pas grand-chose à ce qu’il se passait autour de lui mais il adressait toujours de grands sourires à tous ceux qui se penchaient au-dessus de lui pour s’exclamer : « Ce qu’il ressemble à son papa ! » ou encore « Il a les yeux de sa maman ! ».

Bref, le soir venu, c’est épuisé que je franchis le seuil de notre maison à Godric’s Hollow, tant et si bien que Lily s’occupa de donner son bain à Harry pour me laisser respirer deux minutes. Car j’étais encore d’astreinte pour l’Ordre et ce pour les douze prochaines heures, période pendant laquelle Dumbledore pouvait me contacter n’importe quand pour m’envoyer en mission. La journée avait été plutôt calme et je n’avais pas eu besoin de quitter le QG. Lorsque l’inverse se produisait, je confiais généralement Harry à l’un des membres de l’Ordre qui se trouvait sur place. Même si ce fonctionnement ne me plaisait pas trop, je n’avais pas d’autre choix, Lily étant à la Gazette toute la journée. Bref, la probabilité pour moi d’être appelé était faible mais existante, aussi avais-je grand besoin de me reposer. Cette décision m’apparut judicieuse lorsque, au milieu de la nuit, je fus réveillé en sursaut par une lumière blanche provenant du couloir – depuis que nous avions eu connaissance de la prophétie, Lily et moi souffrions d’un sommeil très – trop ? – léger. Je me levai donc pour écouter le message délivré par le patronus de Dumbledore. L’un des membres de l’Ordre avait apparemment réussi à obtenir l’adresse du lieu où devait se tenir la prochaine attaque des mangemorts visant un couple de moldus et leur enfant sorcier. Il me fallait me rendre sur place immédiatement. Je m’habillai donc en vitesse avant de me retourner vers Lily qui s’était levée à son tour. Doucement, je caressais sa joue du bout des doigts avant de l’embrasser tendrement. Nous étions habitués à ce genre de situations, dans un sens ou dans l’autre, mais ces temps-ci, Lily était épuisée et commençait à perdre foi en cette guerre. Alors chaque fois, c’était un déchirement pour elle. Alors que je m’apprêtais à quitter la pièce elle me retint par la manche le temps de me souffler, dans l’obscurité :

-Reste en vie…

Je transplanai. C’était une nuit de pleine lune, constatai-je en levant les yeux vers le ciel non sans une pensée pour Remus. La visibilité était donc globalement bonne bien que réduite par la bruine qui s’abattait sur les pavés. Malheureusement, ceci ne constituait pas seulement un avantage car c’était également le meilleur moyen d’être repéré. Aussi eu-je le réflexe de rabattre ma cape sur ma tête et de me glisser silencieusement dans les buissons avoisinants depuis lesquels je pouvais faire le point sur la situation sans toutefois risqué d’être vu. Je balayai la ruelle du regard. L’architecture des maisons était caractéristique de la banlieue londonienne. Je sortis l’adresse communiqué par Dumbledore – que j’avais pris le soin de noter sur un bout de parchemin. Je constatai alors que je n’étais pas à l’exact point de rendez-vous qui se situait deux rues plus loin. Je repris alors ma route, silencieusement, rasant les murs avant de remarquer une route au bord de laquelle tous les lampadaires étaient éteints ce qui était… suspect. D’ailleurs, le silence qui y régnait semblait bien trop paisible pour ne pas cacher quelque chose. Je m’enfonçai alors dans la ruelle pour enfin distinguer une ombre tapis derrière les buissons, en face de la maison dont l’adresse était indiquée sur le parchemin que je tenais toujours serré dans mon poing. Probablement un membre de l’Ordre, celui à qui je devais venir prêter main forte.

J’arrivai bientôt à la hauteur de l’inconnue – qui ne le resta pas bien longtemps. En effet, en dépit de l’obscurité, je crus reconnaître la silhouette de Demelza Jones avec qui j’avais déjà effectué quelques missions. A force d’évoluer dans des conditions extrêmes, nous avions appris à nous reconnaître y compris de dos et en pleine nuit, grâce aux conseils avisés de ceux dont ce genre d’exercices était le quotidien : Alastor, Franck ou Alice. Toutefois, il y avait un autre conseil que les aurors nous avaient donné…

-Quelle forme prend ton patronus ? chuchotai-je précipitamment de la noir tout en saisissant fermement Demelza par le bras, ma baguette pointée dans son dos.

J’exécrais cette première partie de toute mission qui consistait à s’assurer de l’identité de la personne qui se trouvait face à nous, même si nous étions sûrs à quatre-vingt-dix-neuf pour cent d’avoir affaire à un membre de l’Ordre. Ces temps-ci, mieux valait être plus prudent que nécessaire, d’autant que l’on soupçonnait la présence d’un traître dans nos rangs… Tout en attendant que Demelza s’identifie clairement, je jetai un coup d’œil à la maison que nous étions censés surveiller. Pour l’heure, il n’y avait pas de trace de la marque des ténèbres mais une ombre semblait se mouvoir dans la maison…





¤The last enemy that shall be destroyed is death...¤

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Sam 8 Sep - 12:55


Cette situation est plutôt désagréable. Demelza ne pouvait pas intervenir sans quelqu’un pour assurer ses arrières et, bien que seules une minute ou deux se soient écoulées, il lui semblait que chaque seconde perdue apportait son lot de dangers. Son regard était perçant, concentré sur la maison silencieuse. Le petit grillage de métal crissa, l’espace d’une seconde, sous l’effet d’une brise plus forte que les autres. L’humidité s’infiltrait dans le col de son manteau jusqu’au creux de son cou. La sensation lui arracha un frisson mais elle ne bougea pas.
Derrière elle, les branchages bougèrent très légèrement d’une manière inhabituelle. Posté là depuis un petit moment, elle avait pourtant eu assez de temps pour s’habituer aux bruits habituels de l’endroit et être à même de noter lorsqu’un changement, aussi infime soit-il, s’opérer. Ce pouvait tout aussi bien être un chat ou quelque animal venu renifler dans le coin. Un animal qui faisait décidément beaucoup d’effort pour être discret ; avec un certain succès, Demelza devait bien l’avouer. Sans le froissement du début, la présence du nouvel arrivant lui aurait peut-être échappé.

En sentant une prise ferme se refermer sur son bras et la pression caractéristique d’une baguette dans le bas de son dos, elle ne réagit pas. Sans surprise, le sorcier agissait selon le protocole de sécurité de l’Ordre. Elle se laissa donc faire, les yeux toujours rivés sur la maison, comme si cette brusque position d’infériorité n’était qu’un détail. Elle avait aussitôt reconnu la voix un peu enrouée de James Potter. Une fugitive expression contrariée passa sur ses traits. A quoi pensait Dumbledore ? Envoyer un jeune père dans une mission aussi trouble était d’une stupidité déconcertante ; du moins de l’humble (hm) avis de notre Demelza. Qui plus est, elle sentait la prise son bras irrégulière ; était-ce un signe de tension ou de fatigue ? On ne pouvait être parent et membre de premier ordre d’une société secrète. Mettre inutilement sa vie en danger lorsque toute une famille dépendait de son retour, c’était... Pourtant, il était bien là. Il appliquait le protocole de Maugrey et elle ne doutait pas qu’il la stupéfixierait à l’instant même si le protocole en question n’était pas respecté. Son patronus, demandait-il ?

_ Tu t’approches avec la délicatesse d’un troupeau de buffles ; si j’étais contre toi, tu serais mort.

Ah, Demelza et cette fichue envie de ne jamais faire ce qu’il faut, quand il le faut. Elle lui donna cependant sa réponse dans un souffle dans l’instant qui suivit, peu désireuse de perdre un temps précieux. Habituellement, elle se serait peut-être un peu amusée, mais pas ce soir. Pas plus qu’elle ne comptait demander à James Potter de rentrer chez lui auprès des siens, pour que Dumbledore envoie quelqu’un d’autre. Ils manquaient de temps pour ça.
Elle se dégagea donc, ne prenant pas la peine de se tourner vers James pour vérifier son identité. Sa voix, la posture qu’elle devinait du coin de l’oeil, elle ne doutait pas une seconde que c’était bien lui. Et puis on ne peut pas dire que l’Ordre comptait des milliers de partisans ; dans leur petit groupe, ils avaient tous observé attentivement ceux qu’ils avaient été amené à rencontrer.

Demelza sortit donc sa baguette, sortant des fourrés pour traverser la route, lentement. Etre attentive au moindre signe de danger. Il fallait tout de même avouer que malgré son opinion au sujet d’envoyer un jeune père en première ligne, elle était rassurée que ce soit James Potter qui assure ses arrières. Un sorcier admirable qui avait maintes fois prouvés sa vivacité au combat et son intelligence à réagir aux situations les plus critiques. Dans une certaine mesure, elle lui faisait donc confiance.
Elle repoussa doucement le portail métallique qui n’eut pas le temps de crisser qu’elle jetait un sort de silence. Les pas des deux sorciers devinrent également aussi silencieux que des souffles dans l’air. Y compris lorsque Demelza shoota sans le vouloir dans un vieux jouet, abandonné au milieu de l’allée. En baissant les yeux vers la voiture en plastique qui gisait maintenant dans l’herbe, elle sentit la tension monter d’un cran. Pousser cette porte et découvrir le spectacle macabre d’une gosse et ses parents morts, d’une manière ou d’une autre, ce n’était pas vraiment une idée qui l’enchantait.

Ils arrivaient près de la porte d’entrée lorsque le bruit d’une porcelaine brisée retentit à l’intérieur. Cette fois, Demelza tourna la tête vers James, l’interrogeant sans un mot sur ce qu’il convenait de faire. Même s’il n’y avait pas vraiment à se poser de questions. Le bout de sa baguette dirigée vers la poignée de la porte, Demelza déverrouilla l’entrée. Dans un crissement lent et terrible, la porte pivota lentement sur ses gonds. La sorcière prit bien garde de s’écarter pour permettre à James de voir l’intérieur de la maison en même temps ; la possibilité également d’affronter un ennemi potentiel ensemble. Ce qui les accueillit ne fut pas le triste spectacle d’une famille étendue sur le sol, les yeux ouverts, ni un partisan du mage noir progressant au milieu du salon. Non, la vision fut plutôt un soulagement : un chat gris les attendait, posté sur la commode face à l’entrée ; les restes d’un vase en porcelaine, au pied du meuble, semblaient briller dans l’obscurité. Les yeux brillants de l’animal observaient les deux nouveaux arrivants avec calme et un certain intérêt ; deux pupilles précieuses dans le noir.

Avec précaution, Demelza pénétra dans la maison. Des escaliers en face de l’entrée, la commode au chat juste à leur gauche, l’entrée vers le salon juste à côté ; sur la droite, la cuisine sans doute. Un pas ou deux ; la sorcière tendit la main pour effleurer la tête du très calme félin, qui la laissa faire. Au début, Demelza se détendit ; si le gardien de la maison était calme, c’est qu’il n’y avait pas de danger. Qui plus est, il était peut-être l’ombre entrevue derrière les rideaux. Enfin, rien dans la maison ne laissait à penser qu’un combat y avait eut lieu. Tout était résolument normal, à sa place, naturel. C’est pourtant grâce à ce chat, que l’on ne saurait assez remercier, que Demelza, et peut-être James (elle ne savait où il regardait à ce moment-là), évita une mort précoce.
L’animal feula, son attitude changeant d’un seul coup. Demelza tourna vivement la tête vers l’endroit où le félin regardait et s’écarta juste à temps pour éviter un rayon vert tristement connu. Sa contre-offensive fut aussitôt lancée sans un mot prononcé ; sans savoir pourquoi, il lui paraissait diablement important de rester silencieuse. Si le mangemort qui les attaquait venait tout juste de pénétrer dans la maison, sa mission n’était pas accomplie et la famille dormait encore, inconsciente du danger ; si les parents moldus se réveillaient, la situation deviendraient plus compliquée encore. A l’instant où l’ancienne serpentarde se faisait cette réflexion, un sort du mangemort l’atteignit dans le bras, la faisant basculer en arrière.
Donc là, c’était le moment où ils se faisaient bêtement tuer... à moins que ce soit celui où elle remerciait Dumbledore d’avoir envoyé James Potter et pas un autre.

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Sam 8 Sep - 20:51

A en juger par la teneur de la réponse que m’adressa la jeune femme, son identité n’était vraiment plus un mystère : seule Demelza Jones était capable de se montrer aussi cynique alors même que notre vie dépendait de ce protocole qu’elle méprisait, manifestement. Fort heureusement pour elle, je n’étais pas aussi lunatique et colérique que ce bon vieux Maugrey ! Car en effet, Alastor était plutôt sensible de la baguette et, en l’absence de réponse à sa question, il aurait probablement jeté un sort à Demelza sans que celle-ci n’ait le temps d’aller au bout de son trait d’insolence. Pour ma part, je me contentai de soupirer avant d’abaisser ma baguette sans la ranger pour autant – après tout, nous en aurions bien besoin. Dans la précipitation de mon départ, je n’avais pas pris le temps de m’interroger quant au membre de l’Ordre que je m’en allais rejoindre. Cette société secrète comptait encore un nombre très restreints de volontaires, raison pour laquelle nous nous connaissions tous plus ou moins pour avoir déjà combattu ensemble à plusieurs reprises. Toutefois, le déroulement de la mission était souvent bien différent d’un « partenaire » à l’autre. Avec Maugrey, par exemple, il y avait toujours un plan bien huilé qu’il fallait respecter à la lettre sous peine de se faire traiter de « blanc bec sans cervelle ». Avec Sirius, c’était l’extrême inverse et la réalisation de l’objectif devenait plus un tour de force qu’un tour d’intelligence : fonçons dans le tas et réfléchissons ensuite. A l’occasion des missions que j’avais eues l’occasion de remplir avec Lily – ce qui se faisait de plus en plus rare depuis la naissance de Harry – il y avait cette complicité et cette complémentarité qui rendaient l’exercice plutôt grisant, d’une certaine façon. Bref, vous l’aurez compris, le déroulement de la mission – tout comme sa réussite – était bien souvent conditionné par le partenaire qui nous était imposé par Dumbledore, rarement choisi au hasard, par ailleurs.

Ce n’était donc pas la première fois, vous disais-je, que je travaillais en binôme avec Demelza. Or, je devais bien avouer que j’avais mis un certain temps à m’habituer à son caractère bien trempé et à ses sarcasmes. Face à son scepticisme quasi permanent, j’avais finis par m’interroger sérieusement quant à ses motivations pour mener ce combat. Certes, Albus n’avait de cesse de prôner la tolérance et le respect de la différence en répétant inlassablement que toutes les baguettes supplémentaires étaient les bienvenues. Mais de là à enrôler quelqu’un qui ne semblait même pas croire en l’issue favorable de cette guerre ! La rumeur disait que Demelza avait une sœur aînée qui s’était particulièrement illustré au sein de l’Ordre du Phénix, bien avant que je n’intègre moi-même l’organisation. Elle avait été tuée par un mangemort et certaines mauvaises langues soupçonnaient sa cadette d’avoir à cœur de la venger. Pour ma part, je n’en savais rien et n’avais pas pour habitude de juger les autres. Bref, telle avait été ma première impression à son sujet, passablement négative.

Toutefois, il fallait reconnaître que d’un point de vue purement technique – et pratique – Demelza était une alliée précieuse lors des missions pour le compte de l’Ordre : intelligente, elle avait aussi ce sens de l’observation et ce souci du détail qui donnait à chacune de ses actions une précision remarquable. De plus, même si son détachement était sans aucun doute ce qui me dérangeait le plus chez elle, je devais admettre que cela lui permettait d’analyser chacune des situations auxquelles elle devait faire face avec une certaine objectivité. En toute occasion, elle savait mettre ses sentiments de côté – en avait-elle seulement ? – pour garder la tête froide ce qui lui conférait un sacré avantage sur la plupart de ses adversaires – et de ses alliés. En somme, nous étions opposés de caractère mais, ayant appris à la connaître – notamment à l’occasion d’une planque que nous devions faire tous les deux – je l’appréciais chaque fois davantage, pour son efficacité à défauts de ses qualités humaines.

Mais l’heure n’était pas à une dissertation poussée sur les qualités et les défauts de ma camarade d’infortune qui, déjà, s’élançait aussi silencieusement que possible en direction de la maison. Après avoir resserré ma cape autour de moi pour me protéger de la bruine autant que des regards ennemis, je lui emboîtai le pas. Lorsque Demelza shoota involontairement dans un jouet abandonné, une petite voiture en plastique, je sentis mon estomac se contracter. Et s’il était déjà trop tard ? Et si la porte d’entrée de cette maison était le dernier rempart pour cacher à notre vue une macabre découverte ? Automatiquement, mes pensées se tournèrent vers Harry et la tension que je ressentais déjà ne fit que s’amplifier. Cela faisait déjà cinq longs mois que chaque nuit, je me réveillai en sursaut après avoir entrevu dans mes cauchemars un éclair de lumière verte illuminant notre maison. Chaque fois, le scénario était le même : en mission pour l’Ordre, je rentrai au beau milieu de la nuit et assistai, impuissant, depuis le jardin, à ce que j’aurais sans doute pu empêcher si j’avais pensé aux miens avant tout. Aussitôt, je secouai légèrement la tête pour chasser cette pensée de mon esprit. Je n’avais pas à culpabiliser car si j’avais laissé ma femme et mon fils, ce soir-là, c’était pour protéger l’enfant de quelqu’un d’autre.

Le cliquetis de la serrure m’informa du fait que Demelza venait de déverrouiller la porte. J’échangeai un regard avec elle juste avant qu’elle ne s’écarte pour me laisser éclairer l’entrée de ma baguette. Personne. L’espace d’un instant, je fus tenté d’utiliser un sortilège destiné à détecter toute présence humaine mais je me ravisai : c’était sans nul doute le meilleur moyen de nous faire repérer. J’esquissai un pas en avant, prudemment. Manifestement, le hall d’entrée ne cachait pas la découverte macabre que Demelza et moi redoutions. Je laissai mon acolyte me devancer en pénétrant dans la maison tandis que je m’occupais de la couvrir, guettant un éventuel danger susceptible de surgir derrière nous. A l’intérieur, rien à signaler si ce n’est la présence d’un chat étonnement paisible. Mon premier réflexe fut d’observer longuement le félin par crainte qu’il ne s’agisse en réalité d’un animagus. Ma longue expérience en la matière m’aurait sans doute permis de le détecter ! Mais non, cela ne semblait pas être le cas. Et si ce chat était si calme, cela signifiait que nous étions probablement arrivés à temps.

Je soupirai de soulagement avant d’abaisser légèrement ma baguette : grave erreur. Car la suite sembla s’enchaîner à une vitesse qui frisait l’indécence. L’attitude du chat changea brusquement tandis qu’il faisait le gros dos, les poils hérissés, tous les sens en éveil. C’est à cet instant précis qu’un trait de lumière verte jaillit dans l’obscurité. J’eus tout juste le temps de me jeter au sol pour l’éviter. La joue collée contre le plancher, je cherchais Demelza du regard, sentant mon cœur cogner furieusement dans ma poitrine à l’idée de ce que je pourrais bien découvrir. Croiser le regard vide d’un énième membre de l’Ordre aurait été… Non, je ne préférais pas y penser. D’ailleurs, cela aurait été sous-estimer les talents de Demelza qui, était non seulement parvenue à éviter le sort mais qui ripostait déjà avec une vivacité surprenante. Pour ma part, je roulai sur le côté pour atteindre la commode du chat derrière laquelle je me mis à l’abri, le temps de réfléchir au meilleur moyen de se sortir de ce pétrin. C’est à ce moment précis que Demelza fut touchée par un sortilège qui la fit basculer en arrière. Si l’on en croyait les leçons de survie dispensée par Maugrey, je disposais d’environ trois secondes avant que ma camarade d’infortune soit frappée par un sortilège de la mort.

3… Sans aucune visibilité, il m’était absolument impossible de distinguer notre adversaire. Or, je n’avais pas le droit à l’erreur. Il y avait toutefois ces bruits de pas qui semblaient se rapprocher. D’ici une fraction de seconde, le mangemort se trouverait pile dans le rayon de lune qui traversait le hall depuis la fenêtre de la cuisine. 2… Il n’était pas question de le tuer, cela ne faisait pas partie du code de déontologie de l’Ordre du Phénix, si vous me passez l’expression. Un simple sortilège de stupéfixion aurait été efficace mais momentanément. Il fallait quelque chose de plus… frappant. 1… Là, je la vis. Je vis cette baguette tournoyer dans l’unique rayon de lumière qui traversait la pièce pour se pointer en direction de Demelza. Aussitôt, je pointai ma propre baguette vers le plafond et l’abaissai d’un coup sec. Le grand lustre de hall se décrocha aussitôt pour venir s’écraser sur le crâne du mangemort qui s’écroula au sol. Soulagé, je me tournai aussitôt vers Demelza pour m’assurer du fait que tout allait bien pour elle. Lorsque j’en fus assuré, je ne pus retenir une petite remarque sarcastique destinée à assouvir mon désir de vengeance.

-On dirait bien que le buffle vient de te sauver la vie, chuchotai-je avec un sourire avant lui tendre une main secourable pour l’aider à se relever. Navré pour le manque de discrétion et de classe mais c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit !

A cet instant, des bruits de pas se firent entendre depuis le premier étage. Cela ne ressemblait pas à d’autres mangemorts mais plutôt à la famille moldue qui venait sans doute d’être réveillée en sursaut par tout ce raffut. Je grimaçai. D’accord, je venais de compliquer un peu les choses. Mais Demelza aurait-elle préféré que je la laisse se faire assassiner ? Laissons cela ! Je tournai déjà les talons pour m’avancer vers le mangemort assomé. D’un coup de pied, je retirai son masque en forme de tête de mort. Encore un inconnu, un peu de plus. Je soupirai en constatant qu’il était plus jeune que moi, sans doute tout juste sorti de Poudlard à en juger par ses traits d’adolescents.

-Tu crois qu’il y en a d’autres ? chuchotai-je à l’attention de Demelza en me tournant vers elle.

Grave erreur, là encore. Etait-ce la fatigue de la journée qui me rendait à ce point inconscient ou bien la façon dont je me projetais à la place des parents de cet enfant que l’on entendait désormais pleurer depuis l’étage ? Toujours est-il que j’avais pêché par excès de confiance, ce que je regrettai amèrement lorsque je sentis un sortilège m’atteindre dans le dos, juste avant que je ne m’écroule sur le sol.




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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Sam 8 Sep - 22:15


Il était hors de question qu’elle meure de cette manière. Premièrement, c’était une question de fierté ; être achevée par un type dont elle ne voyait même pas le visage, qui pouvait tout aussi bien être un vieux roublard qu’un ado maladroit, c’était vexant. Ensuite, et c’est bien cette idée qui lui fit garder conscience malgré la violente douleur dans son bras, elle refusait de suivre le même chemin que sa soeur. Cette soeur qu’elle admirait sans l’admettre, morte un soir dans une maison comme celle-ci, attaquée par un traître sans visage que Demelza s’était jurée de retrouver. J’ajouterais une dernière précision qui justifiait sa mauvaise humeur : elle détestait dépendre des autres. Or, du moins pendant un petit instant, la situation dépendait entièrement des réflexes de James. Elle savait que c’était un excellent combattant, un sorcier qui méritait sa réputation... pourtant, être ainsi à terre, vulnérable, pendant qu’il faisait face à leur attaquant, était une situation qui l’agaçait franchement. Oui, elle avait encore de la place pour être agacée, entre la peur (tout de même présente) et cette brûlure qui élançait jusqu’à son bras. Elle jeta un coup d’oeil aux dégâts, espérant que la vue d’une plaie bénigne ou inexistante forcerait son mental à repousser la sensation de douleur. Sur une dizaine de centimètres, sa peau était noire et une odeur de cochon brûlé lui chatouilla les narines ; elle grimaça.

Au même instant, un grand fracas retentit dans l’espace clos. James venait apparemment d’avoir le dessus sur leur agresseur, au prix d’un ravissant lustre en cristal. Ce n’était guère subtil, mais au moins efficace. Le danger était momentanément écarté. Selon toute vraisemblance du moins, puisque James apparut dans son champ de vision, un sourire un brin arrogant sur les lèvres, essayant sans doute de détendre la situation. Demelza venait de murmurer un sort contre sa blessure pour calmer la douleur, au moins pour quelques minutes. Elle accueillit la remarque sarcastique de son camarade avec un regard glacial, mais accepta tout de même son aide pour se relever. Discret mais cependant là, un demi-sourire étirait ses lèvres. Se pavaner comme un paon était un trait qui avait poursuivit James pendant ses années à Poudlard ; visiblement, il en subsistait quelques restes. Demelza devait cependant bien reconnaître que la boutade détendait légèrement l’atmosphère, la prévenant d’une tension inutile qui lui aurait fais faire des erreurs.

_ Mais efficace. C’est ce qui...

Des bruits, à l’étage. Une lumière qu’on allumait, quelques pas de pieds nus sur la moquette. Demelza leva le nez, attentive, essayant de deviner la routine qui se mettait en place à l’étage, de façon à savoir quelles seraient leurs intentions. La conclusion fut plutôt mauvaise ; quelqu’un enfilait un vêtements et prenait la peine de mettre ce qui devait être des pantoufles. Intention de descendre évidente. Elle s’apprêtait à en informer James, qui s’était posté près du mangemort inconscient, lorsqu’il la devança par une question. Sur l’instant, elle haussa un sourcil à la limite du mépris ; bien sûr qu’il y en avait un autre. Le seigneur des ténèbres avait le même cheminement de pensée que Dumbledore et envoyait toujours des équipes de deux minimums.
Qui plus est, de cette manière, si l’un des deux se faisait abattre lors d’une mission, le second avait toujours la possibilité de laisser la marque des ténèbres, élément indispensable s’ils voulaient continuer de distiller la peur dans les veines des sorciers résistants. Demelza s’apprêtait donc à lui répondre avec une certaine arrogance lorsque l’évidence la pétrifia : tout à son sarcasme, elle en venait à oublier la conclusion logique du raisonnement, à savoir qu’un autre ennemi était forcément...

Des pleurs, à l’étage. Heureusement, l’attention de Demelza était tournée vers James. Il s’effondra près du corps du mangemort après un hoquet de surprise ou de douleur. La sorcière réagit avec cette vivacité froide qui la caractérisait. Elle n’était pas une combattante à la manière de James ou Sirius, capable de sorts puissants ou d’attaques frontales. Ses qualités résidaient plutôt dans la rapidité de ses actions ; elle lançait des sorts simples mais à une vitesse qui prenait souvent de court ses attaquants.
C’est donc en un battement de cil qu’elle se retrouva entre James et le nouvel arrivant, lançant un Protego pour créer une barrière magique qui les abriterait tous deux. Son regard perçant se fixa sur le sorcier masqué, évaluant déjà ses faiblesses tandis que son sort ricochait sur le bouclier invisible. Aussitôt qu’il disparut, elle lança la contre-attaque ; un expelliarmus qui fut dévié par son adversaire avec facilité. Facile à contrer car ce n’était qu’une diversion, un sort très faible qui devait cacher sa véritable attaque.

_ Incarcerem, souffla la sorcière d’une voix glacial ; un simple murmure.

Des cordes lumineuses apparurent dans l’obscurité autour du mangemort, l’entourant aussitôt fermement. Il tomba lourdement sur le sol.
Au même instant, la lumière s’alluma dans l’escalier. Un Reparo lancé rapidement sur le lustre le fit s’envoler au plafond et s’y fixer, comme si rien ne s’était passé. Un sortilège de silence, puis de disparition, supposé englober à la fois James, Demelza et le mangemort inconscient. Il ne prenait cependant pas en compte le second mangemort, qui ne devrait pas être visible depuis l'escalier ; cependant, Demelza fit l'erreur de ne pas le surveiller. Elle avait agit le plus rapidement possible ; au moment où le dernier sort faisait son effet, le père apparaissait en haut des marches de l’escalier et se baissait pour regarder le rez-de-chaussé. Son regard balaya la scène ; il ne sembla voir aucun des personnages présents. Demelza le regardait avec intensité, prête à le stupéfixier s’il démontrait le moindre signe de doute. Mais après quelques secondes, il remonta en grommelant. Les sorts de dissimulation s’évaporèrent aussitôt.

La sorcière, qui s’était interdite de laisser la moindre inquiétude la distraire jusque là, s’agenouilla alors près de James. Inutile de lui demander si ça allait. La peau de son dos était noire et des étincelles rouges courrait sur la blessure ; le même sort qui avait atteint son bras. Un sortilège à la mode chez les mangemort ? L’avantage était qu’elle savait comment calmer momentanément la douleur, ce qui fut fait aussitôt. James était un peu trop silencieux à son goût...

_ Tu ne pourras pas dormir sur le dos pendant un mois, mais tu es vivant. ... Merci.

Si c’était censé être rassurant, c’était plutôt raté. Sa voix n’était pas vraiment faite pour la compassion. Mais le remerciement était sincère, bien qu’il lui écorchat la langue. Une seconde, elle s’imagina aller annoncer à Lily Potter que son époux était mort. La scène avait de quoi vous glacer le sang ; les cris du petit Harry, le regard trahi de Lily... Demelza préférait autant éviter ça.
Au même moment, le bruit d’un meuble dans lequel quelqu’un venait de buter, puis celui, de succion, caractéristique, d’un transplanage. Demelza regarda l’endroit où aurait dû être le second mangemort, mais il était désert.

Ce que son esprit avait déjà anticipé avec horreur se produisit alors : le bruit de succion se répéta, plus étouffé, depuis l’étage supérieur. Et la voix du père de la maison qui disait :
« Mais qui êtes-vous ? Et que... »
Et s’arrêtait brusquement.
La gorge de Demelza se serra de rage et d’horreur et elle se releva pour s’élancer vers l’escalier ; la série de sorts l’avait fatigué plus que prévu et elle n’osait pas transplaner par crainte de se présenter vulnérable. Elle arriverait trop tard...

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Dim 9 Sep - 12:39

Bordel de goules en slip de bain ! Vraiment, il fallait être parfaitement inconscient pour tourner ainsi le dos à un ennemi supposé ! Car à bien y réfléchir, ma question était totalement dénuée de sens : l’une des consignes de Dumbledore était de ne jamais se lancer seul dans une mission et de toujours solliciter la présence d’un second membre de l’Ordre chargé d’assurer nos arrières. Aussi, pourquoi les choses seraient-elles différentes pour les Mangemorts ? Cette pensée eut tout juste le temps de traverser mon esprit insouciant et immature car déjà, un sortilège me frappait de plein fouet et me clouait au sol. Tout à coup, je regrettai sérieusement l’excès de confiance dont j’avais fait preuve jusqu’ici. En matière de blessures en tout genre, mon expérience était particulièrement longue, surtout depuis mon adhésion à l’Ordre trois ans auparavant. Aussi, je pouvais affirmer presque sans aucune hésitation que la pire des douleurs causées par la magie était celle liée à l’utilisation du sortilège doloris. Pourtant, je devais bien admettre que ce sort-là n’était pas mal non plus, dans un autre registre ! Car en effet, j’avais soudainement l’impression de sentir la peau de mon dos brûler littéralement. D’ailleurs, ce n’était probablement pas qu’une impression à en juger par l’odeur de chair brûlée qui se diffusa bientôt dans la pièce. Quoiqu’il en soit, la douleur était intenable, raison pour laquelle j’eus le réflexe de mordre mon poing pour étouffer un cri de douleur qui, en plus de me faire passer pour une mauviette devant Demelza, risquait de réveiller les moldus – si ce n’était pas déjà fait… !

Bon. Restons calme et tâchons de faire le point. Ma baguette…. Se trouvait à une bonne cinquantaine de centimètres de là – je l’avais probablement lâchée sous l’effet de la surprise. Me relever… était une entreprise rendue quasi impossible par la douleur lancinante qui traversait mon dos. Demelza… C’était sur elle que reposaient mes dernières chances de survie. Toujours plein d’humour, même dans les situations les plus critiques, je fus tenter d’ironiser un peu en lui rappelant que je n’étais qu’un pauvre père de famille innocent dans cette histoire et qu’il lui faudrait affronter le regard de Lily si elle devait lui annoncer ma mort au beau milieu de cette nuit pluvieuse – « mais à part ça, je ne te mes pas la pression ! » - mais je me ravisai. D’autant que ma camarade d’infortune semblait déjà bien occupée à nous sauver la vie en exécutant une série de sortilèges à une vitesse déconcertante tant et si bien que je mis à certain temps à analyser la situation. En définitive, peu importait ! L’essentiel résidait dans le fait que notre adversaire était désormais désarmé et mis définitivement hors d’état de nuit grâce un sortilège d’incarcération magnifiquement bien exécuté.

Malheureusement, je n’eus pas le temps de me réjouir car déjà, d’autres ennuis d’une toute autre teneur nous guettaient. En effet, la lumière de l’escalier venait subitement de s’éclairer et des bruits de pas se firent entendre. Il s’agissait probablement du chef de famille qui, alerté par tout ce raffut, descendait voir si son chat n’avait pas – une fois de plus ? – brisé un vase ou fait tomber le porte-manteau. Inutile, donc, de se questionner quant à la réaction qu’il aurait en apercevant quatre inconnus dans le hall de sa maison, occupés à se battre avec des morceaux de bois de trente centimètres ! Bref. Nous disposions tout juste d’une poignée de secondes pour réagir… Et Demelza fut, une fois de plus, la plus rapide ! L’efficacité de son sortilège de dissimulation fut stupéfiante puisque le moldu regagna aussitôt l’étage, non sans quelques grognements désapprobateur. Je soupirai de soulagement avant d’esquisser un sourire en réponse à la remarque de ma camarade. Encore choqué par la rapidité avec laquelle les évènements s’étaient enchaînés, je me contentai de hocher légèrement la tête en guise de remerciement, commençant tout juste à sentir la douleur s’apaiser dans mon dos grâce au sort dont elle venait de faire usage. Mais une fois de plus, cette accalmie fut de courte durée…

Lorsque le petit « pop » caractéristique du transplanage parvint à mes oreilles, mon sang ne fit qu’un tour. Je suivis alors le regard de Demelza pour réaliser en même temps qu’elle que l’un des deux mangemorts n’était plus là. A l’étage, une voix légèrement rauque et tremblante s’éleva.

-Non ! Non ! hurlai-je en déployant des efforts considérables pour parvenir enfin à me relever en dépit de mon dos encore douloureux.

Trop tard. Un premier éclair de lumière verte venait de jaillir depuis l’escalier. Pour ma part, j’étais comme fou. C’était comme si je n’entendais plus rien d’autre que mon cœur qui cognait furieusement de ma poitrine à tel point que je commençai à me demander si ma cage thoracique n’allait pas finir par imploser. Titubant, je me rapprochai de l’escalier. Transplaner dans cet état aurait été prendre le risque de me désartibuler, ce qui m’aurait rendu non seulement encore plus vulnérable mais totalement inefficace pour protéger la famille de cet homme dont le corps sans vie gisait désormais sur le palier. Finalement, je trouvai la force nécessaire pour gravir les marches quatre à quatre tout en m’agrippant fermement à la rampe de bois. J’étais déjà presque arrivé lorsqu’un second éclair de lumière verte apparut, précédé par le cri d’une femme. Aussitôt, l’image de Lily s’imposa à mon esprit, telle qu’elle m’apparaissait dans mes cauchemars, livide, étendue sur le sol de la chambre de Harry, le regard vide. Ces moldus étaient en train de subir ce que je redoutais tant pour ma propre famille. Si je n’étais même pas capable de les sauver eux, comment pouvais-je imaginer pouvoir respecter la promesse que j’avais faite à mon beau-père sur son lit de mort, celle de protéger sa fille quoiqu’il advienne ?

Tout à coup, cette mission venait de prendre une dimension très – trop ? – personnelle. Je ne cherchais même plus à savoir si Demelza m’avait suivi pour me couvrir, cela n’avait plus la moindre importance à mes yeux. Si j’arrivais à temps, si je parvenais à sauver cet enfant, alors cela signifierait que j’étais capable de protéger mon propre fils. Mais si j’arrivais trop tard… La porte de la chambre vola sous l’effet de ma baguette. Jamais auparavant je ne m’étais senti animé d’une telle rage au cours de l’une de mes missions pour le compte de l’Ordre. L’homme était là, masqué et encapuchonné, se précipitant en direction du berceau pour avoir le temps d’accomplir l’ordre donné par son maître avant d’avoir à nous affronter de nouveau. Sans réfléchir un seul instant, je me jetai sur lui pour le faire tomber au sol et refermer ma main autour de sa gorge tout en pointant ma baguette magique entre ses deux yeux.

-Ce n’est qu’un enfant, un bébé ! hurlai-je fou de rage. Et maintenant il n’a plus de parents ! Mais qui vous êtes pour décider de ça ?! Pour décider de la vie et de la mort des gens ?!!

J’étais complètement hors de moi et, par conséquent, très peu conscient du fait que je commençais à largement dépasser les prérogatives qui étaient les miennes. Qu’allais-je donc faire ? Le tuer ? Cela ne faisait pas partie de la philosophie de l’Ordre du Phénix ! Et pourtant… Ce n’était pas l’envie qui me manquait, à cet instant. D’ailleurs, je ne savais plus réellement quelles étaient mes réelles motivations, si je pensais à ce couple de moldus assassinés et à leur enfant qui pleurait à quelques mètres de nous ou si je songeais à ma propre famille qui pourrait bien se voir réservé le même sort…




¤The last enemy that shall be destroyed is death...¤

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Dim 9 Sep - 13:38


James la dépassa, tandis qu’elle arrivait en bas des marches. Il s’était relevé à une vitesse étonnante, combattant sans aucune doute la douleur qui subsistait de sa blessure. Il s’était pris le sort de plein fouet et la brûlure devait l’élancer dans chacun des muscles de son torse ; pourtant il fut le premier en haut. Mais la lumière verte l’avait précédé d’une fraction de seconde et Demelza sentit son coeur s’arrêter à cet instant, les yeux écarquillés par l’horreur. Se ressaisir lui demanda une fraction de seconde de plus qu’à l’ordinaire. Mais elle ne retrouva pas son calme froid habituel. En franchissant la dernière marche, son regard se posa aussitôt sur le corps rigide du père ; les yeux vitreux, la bouche entrouverte, inutile de s’arrêter pour vérifier son état. Quelques mètres plus loin, juste à l’entrée de la chambre, la mère était également allongée. Son bras était tendu vers le père ; elle se trouvait dans l’embrasure de la porte, ayant selon toute vraisemblance tenté de protéger son enfant. Mais elle n’était pas une sorcière, n’avait aucune chance.
La mâchoire de Demelza se contracta tandis que son regard se modulait d’une rage féroce. Furtivement, des visions de son imagination vinrent parasiter sa vision ; en s’approchant du corps de la mère, elle crut lui reconnaître de longs cheveux sombres et une peau pale... elle crut voir les traits de sa soeur, son regard vide porté par un visage figé dans l’horreur. Se contrôler ; retrouver le calme nécessaire pour appréhender la situation et les sortir de ce pétrin. La voix de James sembla la sortir de cette léthargie dans laquelle l’avait plongée sa terreur. Leur intervention n’avait servie à rien ; ils étaient mort pitoyablement, à quelques mètres à peine. Si elle avait été plus rapide, si elle avait tué le mangemort au lieu de simplement l’entraver...

En pénétrant dans la petite chambre, elle vit aussitôt James. Il n’avait plus rien du jeune adulte nonchalant et fier qui assumait avec son bonheur son rôle d’époux et père. Il n’était plus l’amant encore un peu adolescent, le rebelle arrogant, le maraudeur... plus rien qu’une masse vibrante de rage et de peur. Bien sûr, comment ne pas comprendre. Demelza ne savait rien de la prophétie qui concernait l’enfant capable de détruire le mage noir (si elle en avais eut connaissance, peut-être son avis sur l’issue de cette guerre aurait été différent) mais pouvait aisément deviner quelle terreur étreignait le coeur d’un jeune père de famille en pleine guerre. Elle ne cesserait jamais de penser qu’avoir conçu un enfant, dans ces conditions, était une folie. A voir seulement à quelle vitesse James avait laissé l’angoisse devenir maîtresse de ses actions, c’était une évidence. Il était prêt à faire une belle connerie ; un acte qui le répugnerait, si tôt la rage dissipée.

Le mangemort gigotait sous James, émettant de faibles gargouillis tandis que l’air commençait à lui manquait. Il devait craindre la baguette de James autant que de finir étranglé. Le sorcier ne devait même pas avoir conscience de la force effrayante qu’il exerçait sur la trachée de son adversaire. Le mangemort était directement allé jusqu’au berceau, ne désirant qu’aller jusqu’au bout de sa mission ; il s’était laissé surprendre, parce que tuer était plus important que sa propre sécurité. Le bébé s’était mis à pleurer, faiblement. Demelza s’approcha, sans d’abord intervenir. C’était après tout le choix de James ; personne ne lui reprocherait d’avoir achevé un partisan du mage sombre. D’autant qu’ils disposaient déjà de son comparse, alors inconscient au rez-de-chaussée, pour obtenir des informations précieuses. Mais le maraudeur ne se le pardonnerait jamais ; il était capable de tuer quelqu’un en combat, mais le faire de sang froid était une affaire bien différente. Il trahirait nombre des principes qu’il semblait défendre avec tant de hargne. Le regard de la sorcière retrouva brusquement sa distance tandis qu’elle s’agenouillait près de James pour pour le saisir par les épaules.

_ James, ça suffit. Tu n’es pas un tueur ; ne t’abaisses pas à son niveau.

Mais ses mots ne semblaient pas vraiment avoir d’impact. Elle raffermit sa prise sur ses épaules, le tirant en arrière en espérant qu’il lâche prise.

_ Tu es un époux, un père, pas un meurtrier. Pense à ton gosse !

Cette fois, elle tira en arrière plus brutalement, voyant que le mangemort bougeait de moins en moins. James tomba lourdement sur le sol, elle l’évita de justesse. En tombant à la renverse, Demelza vit qu’au plafond avaient été disposées des étoiles de toutes les tailles, lumineuses dans le noir ; elle eut la vision du père de l’enfant, juché sur une escabeau, appliquant chaque étoile avec précision, le cou tordu vers l’arrière, sous l’oeil attentif de la mère. Elle imagina la première nuit où la beauté des étoiles se serait révélée pour la première fois, faisant rire de bonheur le petit morceau de chair qui était l’objet de tout cet amour. En se redressant, son regard se posa furtivement sur un pile déséquilibrée d’albums de toutes tailles, de livres à l’épaisse couverture. Elle imaginait sans peine les couleurs vives et les dessins joyeux, entendait la voix patiente, maternelle, murmurer des mots qui devaient sonner à l’oreille du bébé comme une tendre musique. Il y avait cette veilleuse dans le coin de la pièce, qui devait diffuser une mélodie étouffée pour prévenir la peur de l’obscurité et accueillir le sommeil ; il y avait le tapis molletonné au centre de la pièce, là où le bébé devait être allongé parfois, tandis que ses parents l’entouraient de baisers et de jeux étranges. Cette chambre était douce, chaleureuse ; elle était la somme d’heures de lectures, de caresses, de siestes heureuses, de murmures au dessus du berceau.

Le mangemort sembla reprendre conscience petit à petit. Lorsqu’il se redressa, il vit aussitôt Demelza. Elle s’était relevée et se tenait près de James, sa baguette en garde. Il ouvrit la bouche ; peut-être pour la railler, peut-être pour plaider sa causer. Un rayon de lumière verte illumina de bout de la baguette de Demelza avant de traverser la petite chambre jusqu’à frapper de plein fouet la poitrine de leur adversaire. Il s’écroula en arrière après un hoquet de surprise. Il y avait de quoi être étonné ; les membres de l’Ordre n’étaient pas des tueurs de sang-froid. Pas habituellement.
Si James appartenait à la lumière et n’avait pas à vivre avec l’idée d’avoir tué un homme de sang-froid, Demelza n’était pas... eh bien, disons que cette idée, elle pourrait vivre avec. La simple possibilité qu’elle ait pu venger un peu sa soeur à cet instant lui apportait déjà une paix difficile à comprendre. Elle baissa les yeux vers James, sa vision peut-être un peu trouble bien qu’elle refuse de l’admettre.

Quelque part, elle l’enviait. Ce soir, il rentrerait, vivant, dans une maison lumineuse. Il retrouverait une femme qui l’aimait sincèrement et un petit être qu’il était en devoir de protéger. Il avait des raisons de se battre, des êtres à défendre. C’était peut-être ça, la grande différence qui les opposait ; Demelza ne se battait que pour la mémoire de quelqu’un qui n’était plus. James combattait pour les vivants, ceux qui l’aimaient comme tous ceux à venir. Il était de ces êtres qui ont le courage de se lever pour défendre ceux qui n’en ont pas la force, défendre l’idée d’un monde meilleur. Et même si ses efforts semblaient vains, même s’il donnait l’impression de se battre seul dans une tempête, il continuait. Et la moindre des choses que pouvait faire Demelza, alors, était de le soulager d’une culpabilité qui n’aurait fait qu’entacher cette lumière qu’il portait... cette lumière que nombre des autres membres de l’Ordre possédaient, sans peut-être même en avoir conscience.

A ce moment-là, le bébé se remit à pleurer de plus belle, attirant l’attention de la sorcière. Elle s’approcha du berceau après une hésitation et regarda le minuscule machin, emmitouflé dans des kilos de tissus, qui se tortillait en hurlant. Voilà, nous arrivons précisément à la limite de ses compétences. Que faire de l’enfant ? Plus de parents, pas d’endroit sûr... le seul endroit vraiment sécurisé qu’elle connaissait était le QG de l’Ordre, mais Dumbledore ne voudrait jamais... et qui... Des dizaines de questions vinrent parasiter son esprit. Elle n’avait qu’une envie : refiler le bébé à James pour retourner dans son domaine de compétences en allant voir au rez-de-chaussée si le second mangemort était toujours inconscient.





Dernière édition par Demelza A. Jones le Jeu 20 Sep - 20:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Dim 9 Sep - 22:53

Bien sûr que non, je n’étais pas un tueur. Mais à cet instant précis, ma colère était telle que la voix de Demelza me paraissait lointaine, comme tout droit sortie d’un songe. Lorsque j’avais décidé d’intégrer l’Ordre du Phénix, trois ans auparavant, j’avais dans l’idée que cette guerre prendrait fin rapidement. Ma confiance en Dumbledore était aveugle : ne disait-on pas qu’il s’agissait du plus grand sorcier de tous les temps, le seul que Vous-savez-qui ai jamais craint ? Aussi, je m’étais senti prêt à combattre pour apporter ma pierre l’édifice de la paix, pour avoir la chance de laisser aux générations futures un monde meilleur que celui que j’avais trouvé en arrivant. Arrogant et immature, courageux mais impulsif, je m’étais toujours élancé au-devant du danger, tête baissée, persuadé du fait qu’un homme bon animé par des valeurs de justice et de tolérance ne pouvait décemment échouer. C’était puéril, peut-être… idéaliste, sans doute. Mais depuis cette période, les disparitions s’étaient accumulées parmi les membres de l’Ordre et cette guerre semblait ne jamais vouloir prendre fin. Moi qui avais pensé m’engager pour une période de quelques mois avant de pouvoir enfin fonder une famille, épouser une sorcière aux origines moldues sans être montré du doigt pour autant, j’avais vite déchanté ! Et puis, Harry était arrivé, en même temps que cette prophétie… Et depuis ce 31 juillet 1980, mon combat semblait avoir pris une toute autre dimension. Tout était devenu… confus, tellement plus… personnel. A dix-sept ans à peine et tout juste sorti de Poudlard, il était facile de jouer les héros en prenant des risques inconsidérés. Mais désormais, mes choix sur le terrain engageaient d’autres que moi-même. Cela faisait toute la différence et c’était sans doute ce qui m’avait considérablement éloigné des autres Maraudeurs tandis que notre petit groupe semblait imploser… Il n’était plus question pour moi de rire au nez de la mort en priant pour obtenir le statut de martyr. Désormais, j’avais une famille à protéger. Et s’il fallait tuer pour cela…

Demelza m’attira brusquement en arrière. Je tombai lourdement sur le sol. Un peu sonné, je mis un certain temps à reprendre contact avec la réalité et à analyser les dernières paroles prononcées par mon acolyte. « Pense à ton gosse… ». Les deux grands yeux verts de Harry semblèrent alors flotter devant moi tandis que je réalisais enfin que ce n’était pas l’exemple que je voulais lui donner. La paix avait un prix mais peut-être pas n’importe lequel et je ne voulais pas être encore en vie le jour de son entrée à Poudlard si c’était pour le voir me demander pourquoi son père avait tué au nom d’un idéal qui, après tout, n’engageait que lui. Je pris une grande bouffée d’oxygène et ce fut alors comme si mon cerveau se remettait lentement en marche après avoir été totalement paralysé par la colère. Tout à coup, je pris conscience de la terreur que l’on pouvait lire sur le visage du mangemort, des cris de l’enfant qui résonnaient dans la pièce… Pris d’une violente nausée, je me levai pour me diriger vers la fenêtre de la petite chambre que j’ouvris, le temps de respirer un peu d’air frais. C’est alors qu’un rayon de lumière verte traversa la pièce. Le cœur battant, je fis volte-face, encore sur mes gardes, craignant de voir le mangemort gracié s’en prendre à Demelza. Mais non. Celui-là ne risquait plus de s’en prendre à qui que ce soit. C’était terminé pour lui. Je baissai les yeux, mal à l’aise. Je savais que Demelza faisait partie de ces membres de l’Ordre qui n’hésitaient pas à tuer s’il le fallait. L’espace d’un instant, je fus tenté par l’envie de lui demander ce que cela faisait, si c’était dur, si elle parvenait encore à dormir la nuit après avoir ôté la vie à un autre être, si vil et cruel soit-il… Mais ma question mourut au bord de mes lèvres et j’en conclus que c’était mieux ainsi.

-Merci…

Voilà l’unique son qui parvint à s’échapper de ma bouche, à peine audible. Sans doute que ce simple mot serait apparu comme totalement dénué de sens – voire clairement déplacé – aux yeux de quiconque n’appartenait pas à l’Ordre du Phénix. Mais au sein de notre organisation – de notre famille car lorsqu’on prenait de tels risques pour sauver la vie des autres, ce terme était loin d’être hyperbolique – nous employions un langage bien à nous. Je ne la remerciais pas d’avoir tué cet homme, bien entendu, mais de m’avoir empêché de le faire moi-même après m’avoir sauvé la vie à plusieurs reprises dans la nuit. Je la remerciais de ne pas me juger à propos de la scène à laquelle elle venait d’assister et ce en dépit de ses propres opinions sur cette guerre et la folie – selon elle – de fonder une famille dans un contexte aussi difficile. Enfin, je la remerciais aussi par avance, car je savais que ce qui venait de se passer dans cette chambre y resterait, qu’elle n’allait rien répéter de cette scène à nos amis communs.

-Qu’est-ce qu’il va devenir ? demandai-je d’une voix légèrement enrouée tout en m’avançant à mon tour vers le berceau où le bébé s’agitait en pleurant.

Je soupirai avant de me pencher pour prendre l’enfant dans mes bras et le bercer doucement, sachant pertinemment que personne d’autre que sa mère n’aurait pu le calmer et qu’elle ne pourrait désormais plus jamais le faire. A cette pensée, je sentis ma gorge se serrer tandis que je tentais de garder un semblant de contenance, au moins jusqu’à ce que je regagne Godric’s Hollow car je savais d’avance que j’aurais besoin de partager cela avec Lily. Cette mission touchait à sa fin. Si nous avions un peu de chance dans notre malheur, les voisins de cette famille seraient restés complètement sourds aux bruits provenant de la maison. Dans le cas inverse, la police moldue ne tarderait pas à arriver sur place. Aussi, dans le doute, mieux valait se dépêcher de quitter les lieux. Tandis que Demelza se chargeait d’aller interroger celui des deux mangemorts qui étaient encore en vie, je me chargeai de remettre un peu d’ordre à l’étage et de faire disparaître le corps sans vie de notre adversaire. La tâche fut beaucoup plus difficile pour ce qui concernait le couple de moldus et de nouveau, je fus saisi d’un haut-le-cœur tandis que je tenais toujours contre moi leur enfant. Finalement, je parvins à rejoindre Demelza au rez-de-chaussée. Nous étions fin prêts.

Trop fatigué pour transplaner – et d’autant plus avec un enfant dans les bras – je décidai d’emprunter le réseau des cheminées pour rejoindre le QG de l’Ordre du Phénix. Après cette terrible soirée, nul doute que ni Demelza ni moi ne parviendrions à trouver le sommeil ! Et puis, il nous fallait trouver une solution pour le bébé. Je finis donc par pénétrer dans ce qui était notre salle de réunion où j’attendis que ma camarade me rejoigne afin de lui confier l’enfant.

-Tu m’excuses un instant ? Lily n’a probablement pas fermé l’œil de la nuit, il faudrait que je lui envoie mon patronus pour la rassurer…

A ces mots, je m’éclipsai un instant, le temps de faire apparaître mon cerf argenté. Puis, je restai pensif. Comment résumer l’horreur de cette nuit en seulement quelques mots ? C’était tout bonnement impossible. Aussi optai-je pour quelques paroles rassurantes : « Je suis au QG. Tout le monde va bien. Ne te fais pas de souci. Je serai bientôt de retour ». A peine le cerf parti au galop, je me précipitai dans les toilettes et claquait la porte derrière moi. Ce genre de missions avait beau être notre quotidien, assister à la mort d’innocents m’était toujours aussi difficile. Et chaque fois, mon estomac se retournait.

Quelques minutes plus tard, je pénétrai à nouveau dans la salle de réunion, livide, avant d’esquisser un sourire fatigué mais amusé en découvrant une Demelza qui paraissait franchement mal à l’aise avec ce bébé dans les bras. Pourtant, je décidai volontairement de ne pas le reprendre et me dirigeai vers l’un des placards d’où je sortis deux bouteilles de bièraubeurres. J’en posai une sur la table devant mon amie avant de m’asseoir en face d’elle.

-Il n’a plus que nous, désormais ! m’exclamai-je avec un sourire triste avant de marquer une pause, pensif, fixant le sol. Parfois, je me demande pourquoi on fait tout ça… Pas toi ? Ce n’est pas toujours conforme à l’idée que je m’en faisais au départ…

A nouveau, je repensai au jour où j’avais décidé de m’engager au sein de l’Ordre du Phénix et des attentes que j’avais à l’époque vis-à-vis de cette organisation. Je soupirai avant de boire une gorgée bière.

-Qu’est-ce qui t’a décidé à t’engager dans l’Ordre ? Je veux dire… A quel moment tu t’es dit que ce combat, c’était un peu le tien, en quelque sorte ?





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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Lun 10 Sep - 22:07


Devenir ?
Ses parents étaient morts avant qu’il ait appris son premier mot ; il n’avait plus ni refuge, ni proche. Parler d’avenir était présumer qu’il arriverait jusqu’à l’âge avec un projet autre que la vengeance. Avec un peu de chance, il aurait un parent éloigné qui accepterait d’en avoir la garde ; mais rien ne remplacerait... En descendant les escaliers, la sorcière conserva un visage neutre. Seuls ses yeux semblaient s’animer. Ses paupières s’abaissaient plus qu’à l’ordinaire. Elle n’avait même pas pris la peine de soulever le masque du mangemort ; quelle importance, s’il était jeune ou pas, homme ou femme. Quelle importance si son visage était angélique ou l’incarnation du mal ? Ses actions avaient parlé plus sûrement que ses traits. Au rez-de-chaussée, Demelza découvrit sans surprise apparente que le second mangemort s’était enfui. Elle ne se mit pas en garde, persuadée qu’il était déjà loin ; en faisant quelques pas vers l’entrée, ses lèvres se pincèrent. Dans le ciel, juste au dessus de la maison, vibrait la marque des ténèbres ; le serpent qui sortait de la bouche de fumée, la lumière verte et grise... Demelza la fit disparaître tandis qu’un frisson étrange la parcourait. Elle n’avait pas d’espoir depuis le début du combat ; aussi n’avait-elle rien à perdre. Mais si elle avait eut la moindre vision de victoire, celle-ci aurait été dévorée par les événements de la soirée... N’était-ce pas évident, pourtant ? Ils écrasés par le nombre, par la haine et la peur.

Leurs actions étaient insignifiantes ; il leur fallait des trésor d’ingéniosité et d’énergie pour sauver une vie, prise en un instant par un partisan des ténèbres. Construire un château de sable face à la marée montante. L’Ordre du Phoenix n’était rien de plus qu’un gosse luttant contre les vagues ; le ressac aurait tôt fait de les anéantir. Sortie de la maison, la sorcière regardait le ciel à présent vide, les traits de son visage détendus ; être en colère n’aurait servit à rien. C’était le lot de toute guerre ; les adversaires n’étaient pas toujours de force égale. La jeune femme fourra les mains dans ses poches, haussant les épaules ; un très léger sourire vint animer ses lèvres avant de disparaître aussitôt. Les étoiles étaient si belles ce soir ; pourquoi fallait-il que de telles visions se présentent derrière les scènes les plus sombres ?
Elle pensait à Artémis, à cette soeur qui l’avait quitté trop tôt. Elle avait peut-être repris son combat, mais honorer sa mémoire ne la rendait pas à même de réellement comprendre... Comprendre ce qui avait poussé sa soeur à agir, à combattre. Sentir cette rage qui l’avait poussé à protéger le château de sable. Demelza n’avait pas cette lumière, cette passion ; elle n’agissait que dans le respect du mémoire qui commençait déjà à s’effriter. D’une certaine façon, sa loyauté était inébranlable. Aucune promesse n’aurait pu la faire changer de camp ; ni la sécurité, ni l’argent ou le pouvoir. Elle n’attendait rien de cette vie, sinon la possibilité de se venger et d’arpenter ce chemin qui respectait la dernière volonté de sa seule famille. Il n’est nul adversaire plus dangereux que celui qui n’a rien à perdre ; il ne peut être soudoyé ni manipulé. Quelque part c'était une force. Ce soir, James Potter avait pensé à sa famille, aux êtres qu’il chérissait le plus au monde ; ce soir, Demelza avait simplement ôté une vie. C’était ainsi.

Elle rentra de nouveau dans la maison tandis que James descendait les escaliers, l’enfant dans les bras. Il avait une manière à la fois tendre et ferme de le tenir, signe qu’il y était habitué. La jeune femme décida de ne rien lui dire au sujet de la marque des ténèbres et hocha simplement la tête lorsqu’il l’interrogea sans un mot, pour vérifier qu’ils n’oubliaient rien. Il disparut dans la cheminée avec le bébé. Juste avant de transplaner, Demelza sentit une caresse près de sa jambe ; elle haussa un sourcil en reconnaissant le chat gris qui leur avait sauvé la vie. L’animal se laissa faire lorsqu’elle le prit dans ses bras ; son collier le désignait comme un « Walter ». Drôle de nom pour un félin. Elle hésita une seconde puis se dit qu’après tout, s’ils prenait le gosse, pourquoi pas aussi l’animal de la maison. Demelza transplana alors deux fois : elle fit un arrêt par la chambre du bébé pour prendre au hasard l’une des peluches (qui représentait un panda grotesque) avant de partir pour le QG de l’Ordre.

Le chat, aussitôt déposé à terre, fila entre ses jambes pour aller explorer le reste de la maison. Bien, il faudrait penser à expliquer sa présence tôt ou tard ; et le refiler à un nouveau foyer. La peluche, elle la posa sur la table. James partit presque aussitôt, après lui avoir refourgué le bébé dans les bras. Sur le coup, une véritable expression de panique passa furtivement sur le visage de la jeune femme. Donnez-lui une armée de mangemorts, le mage noir en personne, mais pas ce tas de chair gazouillant qui menaçait d’écraser son crâne encore mou sur le sol à chaque mouvement ! Il gigotait dans ses mains, sentant sûrement que la prise était maladroite. Et le mot était faible ; elle n’était absolument pas son élément. Et elle était censée faire quoi, avec ça ? Un instant, elle hésita à aller le remettre dans sa maison, où des moldus finiraient par le trouver ; puis elle avisa la peluche panda sur la table, se souvenant qu’elle l’avait justement prise pour rassurer l’enfant (et lui permettre d’avoir un souvenir de sa première maison en grandissant). Elle fourra la peluche sous le nez du bébé, qui éternua bruyamment, arrachant une grimace à la sorcière. Après un long moment de gazouillis et de petites frayeurs, James émergea enfin.
Ignorant le regard amusé du jeune homme, Demelza alla déposer le bébé sur un fauteuil où il serait en sécurité, ajoutant même un ou deux sorts pour être certaine qu’il ne tombe pas (et un discret silencio, je l’admets). Pendant ce temps, James avait déposé sur la tables deux bièraubeurres. Demelza avisa les deux pintes puis repoussa la sienne vers le maraudeur ; ce n’était pas vraiment sa boisson de prédilection (trop de mousse à son goût) ; cependant, elle remercia le jeune homme du regard. Puis, ses mouvements rendus lents par la fatigue et désireuse de ne pas faire de bruit, elle se dirigea vers un placard d’où elle sortit une pleine bouteille de whisky purfeu et un, puis deux, shots en verre. Elle déposa le tout sur la table, remplissant l’un des shots du côté de James dans le cas où changerait d’avis avant de remplir le sien.

Elle haussa les épaules alors qu'il commençait à parler, brisant le silence relatif. Sa voix était rauque, plus grave qu'à l'habitude. Il essayait peut-être de la rendre aussi légère qu'à l'accoutumée, mais c'était peine perdue.
"Pas toi ?" ; un regard furtif, perçant, avant de descendre son verre d'une traite. Sentir l'alcool lui brûler la gorge fut un véritable bonheur, compte tenu des circonstances. La bouteille teinta contre le verre tandis qu'elle se resservait, silencieuse. Son regard, pourtant assez trouble, lui avait parut être une réponse suffisante au début de question de James. La fatigue l'accablant soudain, elle n'était de toute façon pas en état de développer. Vinrent les deux questions qui, imperceptiblement, tendirent la jeune femme. Sa première impulsion fut de prendre la bouteille d'alcool sous le bras pour aller s'enfermer dans l'une des chambres du QG et y finir sa nuit. Il y avait aussi le silence, agrémenté d'un regard sombre. Eluder la question ou la retourner sans y répondre. Tant de méthodes pour ne pas avoir à mentir ni à se dévoiler même un peu. Donner le moindre détail sur sa vie était contre ses habitudes et son instinct de conservation. Cependant, James l'avait questionné sans se montrer impatient ou envahissant. Il la regardait simplement avec... quoi, de l'espoir ? Espérait-il qu'en partageant un récit passionné, elle lui offrirait un peu de courage pour mieux affronter la suite ? Etait-ce l'un de ces moments où deux combattants d'une cause perdue se souvenaient du bien-fondé de leurs actions pour repartir dans la bataille avec plus de rage ? James avait frappé à la mauvaise porte.

_ Je ne l'ai jamais pensé, répondit alors Demelza avec honnêteté. Mais je respecte ce que vous tentez de... préserver.

Elle n'essayait pas de repousser James, ni de le contrarier. Lui présenter une réponse honnête était déjà un grand pas. Elle descendit son... hm, peut-être cinquième verre, toujours d'une traite, toujours en reposant le petit verre très doucement sur la table. Comme si un son trop élevé aurait pu briser la paix relative de ce moment. Ou sa sécurité. A quelques mètres de là, son panda dans les mains, le bébé qui n'avait plus ni nom ni parents dormait à poings fermés.

_ Tu pensais que ce serait quoi ? Des combats sans victimes jusqu'à la bataille finale, épique, où quelques membres de l'Ordre auraient su défier le grand méchant et l'anéantir à jamais ? Tu était un gosse, c'est tout. Maintenant tu es père et, plus important, ce soir tu as faillis crever bêtement.

Elle se resservit à nouveau, mettant cette fois quelques gouttes à côté. Elle le sentait plus l'alcool dans sa gorge. Sa voix était devenue plus froide dans les derniers mots. Lui en voulait-elle, quelque part, de prendre tous ses risques quand tant dépendait de sa survie ? Peut-être. Et c'était une façon de lui dire, à nouveau, à demi-mot, que partir était encore possible. Prendre Lily et Harry sous le bras, aller s'enfermer dans une grotte ou à l'autre bout du monde. Sauver ce qui pouvait l'être. Parce que lorsque le château de sable serait dévoré, rien ne subsisterait.



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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Mer 12 Sep - 16:16

D’un simple geste de la main, je repoussai le verre de whisky pur feu, témoignant d’une sagesse qu’on ne me connaissait pas habituellement. Réputé pour mon côté épicurien, j’étais toujours l’un des premiers lorsqu’il s’agissait de lever mon verre et ce en toute occasion – qu’il s’agisse de l’anniversaire de mon meilleur ami ou de celui de mon elfe de maison ! Bref, j’avais pour habitude de boxer dans la catégorie des « bons vivants » : mon objectif n’était pas tant de vivre vieux qu’intensément. En revanche, si le whisky pur feu était sans conteste ma boisson favorite lorsque j’étais d’humeur festive, je lui préférais toujours la bièraubeurre, moins forte, lorsque je rentrais de mission, peu désireux de voir l’alcool se transformer en exutoire. Je ne souhaitais pas noyer l’horreur de cette soirée dans une source d’apaisement qui, en définitive, ne serait que provisoire. Demelza ne semblait pas partager cette opinion… Et manifestement, nos avis divergeaient sur bien d’autres sujets encore ! Je grimaçai. Subitement, et alors qu’elle résonnait encore dans le silence de la pièce, ma question me sembla absurde. Elle l’était d’autant plus qu’elle était adressée à la seule personne dont je savais pourtant qu’elle ne m’apporterait aucun réconfort. Bien que faisant partie des membres les plus investis de l’Ordre du Phénix, elle s’illustrait par sa froideur, son détachement et surtout son pessimisme terriblement contagieux. Son implication personnelle dans cette guerre semblait quasi inexistante tant et si bien que j’en étais venu à me demander ce que Dumbledore avait promis à Demelza en échange de son engagement dans nos rangs ! Jugement un peu sévère, je vous l’accorde. D’autant que si l’on se fiait à la façon qu’elle avait d’ôter la vie à un mangemort chaque fois que cela lui était possible, quelque chose me disait que ce combat ne lui semblait pas si étranger que cela…

De quel respect parlait-elle au juste ? Après tout, la froideur dont elle témoigna par la suite contrastait fortement avec la tolérance dont elle disait faire preuve. En vérité, elle n’avait que faire des sentiments des autres. Elle, avait fait le choix de vivre emmurée, repliée sur elle-même tandis que moi, je dérivai sur un radeau de fortune en tentant du mieux que je le pouvais de nous protéger, Lily, Harry et moi, de la tempête. Bien au sec, du haut de sa tour d’ivoire, elle semblait me contempler, à la fois affligée et un brin sarcastique tandis que mon embarcation prenait l’eau de toute part et alors que l’épuisement semblait me gagner à force de rafistoler ce qui ne pouvait déjà plus l’être. A cette pensée, mon regard s’assombrit soudainement tandis que ma mâchoire se contractait. En définitive, je n’avais presque pas touché à ma bière, trop occupé à ravaler ma rancœur en donnant quelques coups sur la table de mes points serrés. Si j’en voulais à Demelza ? Oui, sans doute, pour cette façon qu’elle avait de me prendre de haut, peut-être même malgré elle, en me faisant passer pour un adolescent irresponsable. Si je concédais une part de vérité à son discours ? A contre cœur, oui…

-Et toi, qu’est-ce que tu crois, au juste ?! Que notre lutte est grotesque ? Que ce combat est perdu d’avance ? Que tu t’es retrouvée par hasard au milieu d’une bande d’idéalistes complètement illuminés et que tu le regrettes ? Parce que si c’est le cas, tu peux encore partir ! m’exclamai-je sur un ton plus agressif que je ne l’aurais voulu, en lui désignant la porte d’un geste rageur. Je n’étais peut-être qu’un gosse mais j’avais une certaine vision du monde qui devait être le nôtre ! Et ce soir, je suis peut-être un père qui a failli crever, mais si je prends autant de risques c’est pour offrir à mon fils autre chose qu’un tas de boue en héritage, pour qu’il n’entende pas sa mère se faire traiter de « sang-de-bourbe » avant même son entrée à Poudlard ! Alors tu vois, si je meurs, je n’appellerais pas ça «crever bêtement » ! Et chaque fois que je m’en tire, au moins, j’ai des proches qui m’attendent à la maison !

D’accord, là, j’y étais allé un peu fort. En vérité, je n’avais jamais eu l’intention de me montrer si franc et si cruel. J’étais simplement épuisé et à bout de nerfs après cette nuit passer à lutter pour essuyer un nouvel échec. Je soupirai avant d’ôter mes lunettes pour frotter vigoureusement mon visage de mes deux mains, comme pour tenter de me remettre les idées en place. Désormais, tout était flou, au sens propre comme au sens figuré. J’aurais tellement voulu que Demelza comprenne les choix qui étaient les miens, qu’elle admette que ce n’était pas une situation que je subissais mais quelque chose que j’avais réellement espéré et qui me comblais davantage de bonheur de jour en jour.

-Ce que je veux dire c’est…, repris-je timidement, soudain gêné de m’être montré si franc. Evidemment, nous pourrions tous faire comme si cela n’était pas notre problème. Je pourrais rentrer chez moi, tout à l’heure, réveiller Lily et Harry et les emmener loin d’ici en attendant que les choses se tassent mais… Pourquoi est-ce que nous devrions nous plier à leur idéologie ? Pourquoi aurais-je à me sentir gêné d’avoir épouser une sorcière aux origines moldues si c’est la femme que j’aime ? C’est absurde !

De toutes les façons, ce débat était stérile. Il n’était pas question de fuir. Il n’était plus question de fuir. La prophétie était explicite : un enfant né à la fin du mois de juillet 1980 serait amené à terrasser Lord Voldemort et cet enfant était peut-être Harry. Si mon amour de père me poussait à le garder jalousement pour moi et à fuir loin de cette guerre, ma raison me dictait que si la survie du monde des sorciers en dépendait, alors Lily et moi devrions tout mettre en œuvre pour permettre à notre fils d’accomplir cette mission. Voilà ce qui rajoutait une certaine tension et me rendait si susceptible aux reproches de Demelza. Mais je devais garder le secret sur ce dernier point… Et pourtant, Merlin savait à quel point ce fardeau était lourd à porter et me bouleversait, comme à cet instant.





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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Ven 14 Sep - 18:02


La bouteille voyait son niveau descendre progressivement. Malheureusement pour Demelza, elle tenait fort bien l’alcool. Ce n’était dont que très récemment que ses épaules avaient commencé à s’affaisser et que son dos avait perdu de sa raideur, signe qu’elle... hm, s’amollissais, je dirais. Se détendre étant décidément un verbe qui ne lui convenait pas. Elle buvait donc, assez calmement, autorisant l’alcool à toutes les modifications de son comportement mais n’espérant pas être assez troublée pour oublier les événements de la soirée. Le mangemort qui avait reçu son sort impardonnable, elle l’avait déjà occulté. Mais les yeux ouverts des deux parents la hantaient ; son esprit ne cessait de la torturer avec une multitude de scénarios où elle aurait été plus rapide, plus efficace. Des réalités où le gosse endormi à quelques mètres de là ne finissait pas orphelin.

Pendant ce temps, James Potter enrageait. Ce n’était pas bien difficile de le voir. Demelza ne doutait pas qu’il soit capable de dissimuler ses sentiments lorsque la situation l’exigeait mais dans la majorité des cas, il appartenait à ces gens dont les émotions troublent la surface à la moindre nuance. Un regard averti pouvait percevoir chaque changement et c’était à la fois épuisant et fascinant. Demelza possédait ce genre de regard ; elle-même était très maladroite avec les émotions et ne les éprouvait que rarement au bon moment. James était en colère ; comme si les micro-expressions de son visage ne suffisaient pas, il frappa doucement sur la table. La sorcière le regarda faire, intriguée. Quels dilemmes devaient secouer le jeune homme à cet instant, pour qu’il se montre si tendu ? Comme un type avec une arme, le doigt sur la gâchette, qui ne saurait pas trop sur qui tirer mais aurait cette brutale envie de faire du mal.

La seule différence était qu’il n’y avait pas l’ombre d’une cruauté chez James, ce que Demelza eut la bonne idée de se rappeler tandis qu’il lui répondait avec véhémence. Elle arqua un sourcil, signe chez elle que son attention était toute offerte à son interlocuteur. Il n’y eut par la suite pas la moindre réaction de la part de la jeune femme. Tandis que James exprimait un peu de la violence qui l’agitait, l’expression de la sorcière était presque... tendre. Comme si elle comprenait, au delà de ce qu’il disait, ce qui était vraiment exprimé. Comme si elle ne lui tenait pas rigueur de ses agressions et acceptait d’en être la proie pour le calmer. Demelza n’essaya pas de le calmer, pas plus que se descendre. Lentement, elle descendit un autre verre tandis que James parler de partir, d’abandonner, si vraiment elle ne croyait pas en leur cause. Un minuscule sourire sembla naître à la commissure de ses lèvres mais il mourut aussitôt. Patiente, Demelza attendait que le sorcier termine son laïus, consciente qu’elle parvenait à anticiper chacun de ses arguments. Le seul qu’elle ne vit pas venir fut le dernier. Elle venait de se resservir un verre et le portait à ses lèvres lorsqu’il lui envoya cette dernière attaque, aussi vibrante de colère que de désespoir. Demelza bu l’alcool plus lentement que les fois précédentes, son visage ayant tout à fait perdu le peu douceur qu’il avait auparavant. Son regard devait trahir la brusque noirceur de ses pensées puisque James se reprit après un moment, confus. Il n’était pas décidément quelqu’un de mauvais. Même blessé quelqu’un par revanche lui était désagréable.
Avec une certaine amertume, Demelza repensa à l’adolescent dont elle avait entendu tant de mal à Poudlard : il avait ridiculisé certains serpentards avec un enthousiasme très proche de la cruauté. Pourtant, celui qui se tenait là n’avait rien à voir avec le type populaire qui terrorise ceux qu’il méprise. Rien, si ce n’est ce dernier argument, cette pique sournoise qui avait atteint la jeune femme plus qu’elle ne l’admettrait jamais.

Tandis qu’il continuait, gêné, Demelza l’observait avec cette même froideur qu’elle modula cependant au fil des mots. Il ne fallait pas oublier quelle angoisse devait torturer le jeune homme à chaque instant ; quelle haine il devait avoir envers ceux qui menaçaient sa famille. Ce fut alors avec une certaine douceur qu’elle lui répondit, très simplement, après avoir laissé passer un long silence. Elle avait un parfait contrôle de sa voix, de son visage ; son regard n’avait rien perdu de sa vigueur ; difficile de croire qu’elle venait d’ingurgiter la moitié d’une bouteille de whisky purfeu.

_ Cette guerre, on l’a perdu avant même qu’elle ait commencé. On le sait tous, mais personne ne veut l’admettre. Il a des partisans au ministère, dans les plus hautes sphères du pouvoir... Et Dumbledore doit garder l’existence de l’Ordre secret et filtrer les membres avec une extrême attention parce qu’il sait tout cela. Ce n’est pas à cause du nombre que nous perdrons, mais parce qu’on est un pauvre radeau perdu au milieu d’une gigantesque toile. Et lorsqu’il voudra prendre le temps de nous écraser, sois sûr qu’il le fera. Qui plus est, tu as dû remarquer le comportement bizarre de certains d’entre nous ces derniers temps... ils doivent soupçonner un traître dans nos rangs, déjà plutôt maigres. Trop de missions ont été devancées par des mangemorts ces derniers mois.

Il n’y avait pas la moindre agression dans ses paroles, seule l’expression de la froide vérité. C’était terrible à dire, mais quelque part nécessaire. Et c’est ce qui rendait les actions de l’Ordre plus valeureuses encore : chaque membre savait, sentait, que leur cause était une impasse. Pourtant, Demelza y compris, ils continuaient de se battre, chaque mangemort abattu, chaque sorcier sauvé, étant une maigre victoire qui, à défaut que leur faire gagner la guerre, retardait son dénouement. Il n’y avait quelque part rien de plus beau qu’une combat que l’on décidait d’honorer jusqu’au bout en sachant qu’il était vain.

_ Il faudrait un miracle, murmura la jeune femme, plus pour elle-même que pour James.



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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Dim 16 Sep - 16:26

Demelza semblait avoir finalement opté pour un ton beaucoup plus doux que précédemment mais son discours n’en était pas moins accablant de fatalisme. D’ailleurs, le défaitisme semblait suinter partout en ces lieux, dégoulinant de la tapisserie à moitié décollée, s’évaporant des tapis rongés par les mites. Le QG de l’Ordre du Phénix était à l’image de ses membres : terne et usé. Et moi, en dépit de tout cet optimisme accumulé au fil du temps, j’étais frappé en plein visage par cette démonstration implacable qui me poussa à la conclusion suivante : Demelza était sans nul doute la plus lucide d’entre nous. La plus honnête, devrais-je dire. Car elle ne faisait rien d’autre que dire tout haut ce que chacun pensait tout bas. Ce conflit semblait sans issue. Albus Dumbledore paraissait être le seul à croire encore à la résistance. Même le Ministre de la Magie nous refusait son soutien tandis que notre ennemi prenait peu à peu le contrôle de la tête de l’Etat, employé par employé, département par département, avec une minutie effrayante. Plus le temps passait et plus nous avons la sensation de notre battre contre une immense machine à la mécanique trop bien huilée. Chez les mangemorts, personne ne s’encombrait de sentiments. Si l’un d’entre eux devait être sacrifié au nom de l’idéologie commune, nul n’en était affecté. Or, face à cette armée amorale, nous avions bâti une communauté au sein de laquelle chaque membre s’inquiétait du sort de l’autre. Dumbledore disait que l’amour, l’amitié, la conscience d’autrui étaient ce qui nous permettrait de vaincre les ténèbres. Après une mission aussi compliquée que celle-ci, il y avait de quoi sourire à cette morale digne d’un conte pour enfant. Car en définitive, ce même amour sur lequel notre leader semblait fonder tant d’espoirs était également à l’origine d’un excès de confiance envers autrui et d’une peur pour nos proches qui débouchait bien trop souvent sur des actes irraisonnés.

Finalement, je décidai de renoncer à la règle que je m’étais fixée et de tendre la main en direction de la bouteille de whisky pur feu pour m’en servir un verre. Un miracle… Demelza ne croyait pas si bien dire. De nouveau, je sentis mon estomac se contracter alors qu’un sentiment de culpabilité me submergeait. J’avais la sensation d’être le seul à apercevoir la lumière percer au bout du tunnel sans avoir le droit de partager cet espoir avec ceux qui risquait leur vie tout autant que moi. Je trouvais cela profondément injuste. Après mon entretien avec Dumbledore, quelques mois auparavant, j’avais cru – naïvement peut-être – que les informations qu’il m’avait transmis ne tarderaient pas à remonter aux oreilles de mes camarades de l’Ordre. Il n’en fut rien. Car au même moment, la rumeur selon laquelle un traître serait parmi nos rangs remonta à la surface. Selon Albus, parler de la prophétie à l’ensemble de l’organisation revenait à multiplier la probabilité pour que Voldemort fasse irruption chez nous, un soir, pour tuer Harry. Ce seul argument aurait dû suffire à me convaincre. Et pourtant, c’était un réel déchirement. J’avais la sensation de trahir les miens, raison pour laquelle je baissai chaque fois les yeux, comme à cet instant, gêné.

Je mis donc à profit ce court instant de flottement pour vider d’une traite mon shot de whisky pur feu. Puis, je restai silencieux encore un long moment, le temps de passer en revue tous les membres de l’Ordre du Phénix dans ma tête. Je finis par faire part de mes observations à Demelza :

-Je n’y crois pas un seul instant… A cette histoire de traitre. Dumbledore est le plus grand sorcier de ce siècle. Aucun d’entre nous n’aurait ne serait-ce que le quart du talent nécessaire pour le berner. Parmi nos membres les plus expérimentés, on compte les aurors les plus brillants du ministère. Je vois mal quelqu’un comme Maugrey nous trahir ! Et puis, nous nous connaissons très bien, pour la plupart. Nous sommes nombreux à avoir été à Poudlard ensemble et…

J’éclatai d’un rire nerveux avant d’esquisser un petit geste de la main comme pour chasser une pensée qui m’aurait soudain semblé grotesque. L’espace d’un instant, le passage en revue de chacun des membres de l’Ordre m’avait amené aux maraudeurs. Mes meilleurs amis, mes frères, notre seule famille à Lily et à moi désormais. C’était impensable. D’abord parce que nous nous connaissions depuis maintenant près de dix ans et qu’au cours de cette longue période, il n’y avait jamais eu ne serait-ce que l’ombre d’un nuage entre nous. Ensuite parce qu’ils occupaient une place prépondérante dans notre vie… et que je ne pouvais pas envisager de m’être laissé berner tout ce temps. Enfin, Merlin, Sirius était le parrain de Harry ! Certaines mauvaises langues l’avaient accusé d’avoir sans doute resserré des liens avec les Black mais cela me paraissait tout bonnement impossible. Si tel avait été le cas, nous en aurions parlé. D’autres, plus vils encore, accusaient Remus en raison de son statut de lycan. Or, je ne connaissais pas d’âme plus généreuse en ce monde que Lunard. Quant à ce bon vieux Peter… Non, si j’étais le plus puissant mage noir de tous les temps, je choisirais n’importe qui comme informateur mais sûrement par Queudver !

-Et si tout cela n’était qu’un plan de plus de sa part pour nous déstabiliser ? Peut-être n’y a-t-il pas de traitre, en fin de compte. Peut-être que c’est simplement ce qu’il veut que l’on croit pour semer la zizanie. La situation est déjà suffisamment complexe sans que l’on ait besoin de nous soupçonner les uns les autres ! déclairai-je d’un ton plus ou moins assuré, sans doute plus pour me convaincre moi-même que pour rallier Demelza à ma cause. D’ailleurs, en parlant de soupçons… Est-ce que les choses avancent, à Poudlard ? Vous avez mis un nom sur le responsable de tout ça ? A titre personnel, tu penses que c’est quelqu’un d’interne au château ou que ça peut venir de l’extérieur ?

Car l’une des principales préoccupations de l’Ordre du Phénix ces derniers temps étaient les évènements qui frappaient l’école de sorcellerie pourtant réputée pour être la plus sûre au monde. Dumbledore lui-même nous avait confié qu’il hésitait à fermer les portes de l’établissement le temps de tirer les choses au clair. En tant que professeur d’astronomie, Demelza était sans aucun doute aux premières loges de ces évènements macabres…




¤The last enemy that shall be destroyed is death...¤

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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Dim 16 Sep - 20:42






Un choix à faire...
    Tout aurait pu s’en terminer par un bon verre d’alcool et une soirée qui se clôturerait finalement par Demelza rentrant seule chez elle alors que James rejoindrait sa femme et son fils. La nuit aurait pu être tranquille et cet enfant sur la chaise, tue par un sort de Silencio par notre dite Demelza si patiente et si maternelle aurait finalement trouvé une famille d’accueil le temps d’être remis entre les mains de sa véritable famille ou au nom d’une association caritative surement… Oui mais… et si tout ne se passait pas comme ça ? Et si la nuit avançait, et si un autre drame débutait ?

    Alors qu’ils sont à la table arrive un groupe de l’ordre cependant pas très gros mais bien dans la précipitation et la panique. Ça s’agite, ça se bouscule et voilà finalement un corps posé sur la table complètement inanimé. Est-il dans le coma ? Est-il mort ? Est-il juste sonné ? Peut-être stupéfixé ? Au premier abord aucune idée alors que ça continue à s’activer et qu’un homme de l’ordre s’empresse de dire à James et Demelza qu’il y a eu une attaque à Godric’s Hollow.

    Dans la précipitation du récit qui ne fut pas vraiment clair on ne put comprendre seulement que la maison de l’un des membres de l’ordre fut touchée avant que tout le monde tente de la protéger. Il y a des morts paraitrait-il laissé sur place à cause de la trop grosse activité et des membres de l’ordre y sont encore en train de se battre pour défendre les leurs. La situation est critique et finalement on parlerait d’une femme emmenée à l’hôpital rapidement parce qu’elle se serait interposée entre un mangemort et Sirius Black pour le sauver d’un sort violent pour pourrait lui être fatal.

    Ceux qui viennent d’arriver, pour le nombre total de quatre, compte repartir. La demande est faite… Qui part alors à Godric’s Hollow, pour repousser les mangemorts avant qu’ils ne détruisent d’autres maisons semant la panique autant chez les sorciers que les moldus ? Qui reste pour la personne finalement juste assommée mais qui a besoin tout de même de quelqu’un ? Et le bébé qui a l’air d’hurler sans pourtant prononcer un seul bruit ? Demelza choisira-t-elle de fuir la possibilité de jouer les nounous pour un peu d’action ? James va-t-il laisser ce pauvre enfant aux mains d’un membre de l’ordre pour finalement tenter de rejoindre les autres non surement la peur au ventre que cette femme à l’hôpital soit Lily ? La guerre est là, les heures sombres sont plus que présentes et malheureusement il n’y a pas de vacances au désastre qu’adore infliger ces âmes qui se disent supérieur aux autres par leur sang…



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MessageSujet: Re: Un travail de routine [James]   Jeu 11 Oct - 23:32


Le voilà qui prenait finalement un verre. Pas vraiment une bonne nouvelle en soi, elle avait dû l’accabler plus que prévu avec ses discours pessimistes (réalistes, vous répondrait-elle). Elle avait cependant épuisé ses ressources de tact et aller jusqu’à l’hypocrisie lui était impossible. Aussi n’ajouta-t-elle donc rien, aucune parole qui auraient pu adoucir son laïus. Avec un peu plus de sensibilité et moins d’alcool dans le sang, elle se serait sans doute sentie désolée. Ce n’était pas vraiment l’heure de l’accablement, pas vraiment le lieu non plus. Ils avaient plus besoin de fous espoirs et de projets idéalistes que de discours pragmatiques sur leur fin prématurée (voilà pourquoi Demelza discutait très rarement avec les autres membres de l’Ordre au delà de quelques mots). Le whisky ne lui brûlait plus la gorge ; là encore, c’était mauvais signe. Son esprit était toujours parfaitement alerte, mais en observant sa main droite et les lentes crispations qu’elle lui transmettait, elle eut la sensation que c’était le lien entre son esprit et son corps qui commençait à s’abîmer. Rien qu’une bonne nuit de sommeil ne parviendrait à guérir cependant. Malgré sa volonté d’ignorer royalement le petit être installé dans le fauteuil, à quelques mètres d’eux, elle lança un regard furtif dans cette direction. Sa colère n’était pas apaisée, loin de là. Le visage de sa soeur, férocement imprimé dans chacune de ses pensées, relançait sa rage comme une brûlure au fer rouge. Aucune dose d’alcool au monde n’aurait pu l’apaiser.

Elle commençait tout juste à admettre cette simple idée lorsque James lui répondit, non sans sentir sa voix légèrement différente. Une nuance presque indécelable, un peu plus sombre. En l’entendant argumenter, la voix vibrante d’un espoir qu’il aurait été inhumain de contredire, Demelza sentit sa gorge se serrer. Ce fut bref, mais un sentiment proche de la compassion surpassa sa rage, l’espace d’un instant. Il voyait des amis, des compagnons, des combattants de l’espoir et de l’humanité. Elle était capable de donner, pour chaque membre de l’Ordre, trois raisons qui en ferait un potentiel traître. Aucun n’était parfait. Ils avaient tous leurs faiblesses ; tous une facette, un souvenir, une angoisse, une pulsion que le mage noir pouvait exploiter. Y compris elle-même, d’ailleurs. James leur vouait une loyauté indéfectible et elle enviait cela ; cette confiance. Bien sûr, elle ne les considérait pas tous comme des traîtres ; bien sûr, dans une certaine mesure, elle leur faisait confiance. Mais elle conservait en même temps cette froide distance qui lui permettrait, le jour où un traître serait découvert, de faire le nécessaire lorsque les autres seraient troublés par le sentiment de la trahison et de la déception. C’était triste à dire, mais vrai.
Ainsi donc, elle le regardait, et n’envisagea pas une seconde de le contredire. Au lieu de cela, son regard somme toute attendri restait fixé sur la silhouette fatigué de son compagnon tandis qu’elle vidait un nouveau verre avant de mordre sa lèvre inférieure, pensive. La suite du discours fut bien suffisante pour serrer sa gorge un peu plus et faire naître une expression étrange sur son visage, à mi-chemin entre la lassitude et la peine. Il voulait tellement y croire. Les arguments contre ses espoirs étaient si nombreux, s’agençaient déjà si clairement dans la tête de la jeune femme, pourtant elle ne dit rien. Les dernières questions de James firent disparaître la tension, dans les épaules de Demelza ; voilà un terrain sur lequel elle se sentirait plus à même de disserter. Les erreurs y seraient plus faciles à éviter et elle ne risquait pas de démontrer une fois encore comme son pragmatisme pouvait se montrer inutilement cruel.

_ Pour des effets aussi parfaitement ciblés, contrôlés, il faut être à l’intérieur. Qui plus est l’école est presque mieux protégée que le ministère, et d’une manière bien plus mystérieuse. Concevoir un plan depuis l’extérieur avec des effets aussi bien calibrés serait une perte d’énergie et de temps. Même si... Je parle de plan, mais... Je ne lui trouve aucun sens.

C’est d’ailleurs ce qui la taraudait le plus, dans toute cette histoire. Au delà de l’horreur de la situation, de la peur engendrée, de la paranoïa et du reste, ce qui la dérangeait vraiment était qu’elle ne voyait pas de développement logique à ce « plan ». Certes, il y avait la peur instillée dans le coeur des gosses (et des adultes), mais il y avait un millier de manières bien moins compliquées d’arriver au même résultat. Si, vraiment, leur ennemi commun était à l’origine de telles démonstrations d’horreur, il avait dépensé une sacré quantité de volonté et d’attention pour quelques visages abîmés. Au milieu d’une prise de contrôle du monde, il ne pouvait certainement pas se permettre de perdre du temps. En voulant se resservir un verre, elle se rendit compte que la bouteille était vide. Bon moment pour ressentir un brusque excès de fatigue. Elle se pinça l’arrête du nez en grimaçant, imaginant sans peine son trajet jusqu’à son lit.

Ce fut cet instant précis que le cours des choses bascula, d’une manière imprévisible la seconde d’avant. Oh, il y eut bien un léger tressaillement dans l’air, quelque chose d’électrique, mais ce ne fut rien comparé au déchaînement qui s’ensuivit. Les informations, brusquement légion, étaient difficiles à intégrer en même temps. Qui plus est, en se relevant vivement pour aider, Demelza sentit un vertige ; se retenant à la table, elle se fit violence pour faire taire toute trace de fatigue (et de confusion) et tenta de se montrer plus efficace. Redevenir, pour quelques secondes au moins, capable de prendre de relatives bonnes décision. Premier problème : James. Inutile d’essayer de deviner de quelle manière il avait appréhendé le récit de l’attaque, l’évidence se lisait sur son visage : il pensait à sa femme. Donc, inutile en combat. Pour l’instant du moins.

_ Va a Sainte Mangouste, je retourne là-bas avec les autres. Et prends celui-là avec toi, termina-t-elle en désignant l’assommé délicatement déposé sur la table.

(Je te trouve un tantinet agaçant, ce côté autoritaire dans les situations de crise) S’éloignant de quelques pas, elle attrapa par le col le sorcier qui semblait le plus jeune et paniqué, dans un geste qui aurait aisément pu passer pour une agression. D’une certaine façon ça l’était, compte tenu de la façon autoritaire dont elle le jaugea, l’espace d’une seconde.

_ Toi, tu restes ici et tu veilles sur « ça ».

D’un mouvement de tête, elle avait désigné le bébé qui dormait dans le fauteuil. Le sorcier s’apprêtait à répliquer mais elle le relâcha et il se tut, encore sous le coup de la panique. Elle lui rendait service quelque part ; paniqué comme il semblait, un champ de bataille n’était pas pour lui.
Bien, direction le lieu du drame.

Godric's Hollow n'était pas bien grand, elle s'y retrouverait même sans James. Qui plus est, il y avait encore trois des sorciers pour y aller également. Je vous passerai les détails qui s'en suivirent, la bataille, les duels tout ça. Elle eut de nombreuses raisons de voir sa colère grandit pendant ces premières minutes, et tout autant d'occasions de l'exprimer. Je vous passerai donc les détails, disais-je, le fait est qu'elle finit par se retrouver en bien mauvaise posture. C'était à l'entrée du cimetière. Elle s'était laissé avoir bêtement, ses réflexes bien altérés par l'alcool et, surtout, sa conscience. Il avait suffit de quelques secondes de calme soudain pour que son corps se détende, son instinct de survie plutôt endormi. Le mangemort n'avait pas ces points faibles et se montra même d'une grande dextérité ; son compter une rapidité effrayante. Elle fut maîtrisée pas plus difficilement qu'un gosse et il la prit par la gorge, refusant apparemment de lui offrir le plaisir d'une mort rapide. Il la repoussa en arrière et elle heurta un grand poteau de pierre, ce qui acheva de la sonner. Lorsqu'il enserra de nouveau férocement sa gorge, elle se dit que c'était une manière plutôt stupide de mourir. Non vraiment, c'était singulièrement bête de se laisser étrangler parce qu'elle avait trop bu, à l'entrée d'un cimetière de plus comme si l'ironie morbide pouvait lui apporter quelque réconfort (et ce fut le cas ; elle s'en amusa et, l'alcool aidant, pris une certaine distance par rapport à cette scène). Elle repensa à sa discussion avec James, à la condamnation évidente de leur cause. Elle se débattait, mais c'était plus pour l'esbrouffe, par fierté, que par réel espoir de se débarraser de la prise sadique qui la privait d'air. Des petites taches devant les yeux ; je me répète, mais mauvais signe, là encore.

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Un travail de routine [James]

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